Grossesse·Une maman, un papa et deux gars au quotidien

Continuer de vivre pour eux tout en faisant mon deuil de lui …

… nous somme vendredi 4 novembre, il y a tout juste une semaine quasiment heure pour heure que j’ai appris que ma grossesse c’est interrompu.

J’ai consulté pour des saignements plus rouge la veille mais pas alarmant non plus, en soirée plus rien et au couché j’entendais encore son petit coeur battre.

J’explique donc a l’interne il me consulte, me fait une échographie et même s’il est pas très doué avec cette machine je vois tout de suite que le bébé ne bouge pas ! Il cherche et recherche et rien. Mon cœur à moi se serre fort fort dans ma poitrine. Je connais la suite même si je ne suis pas au même stade que ma première fausse couche, je connais la chanson. 
Il me demande de patienter et appel de suite un obstétricien qui me confirme ce que je vois le coeur du bébé s’est arrêté ! Je me lève, je respire et je me re-habille. Je demande la suite complètement abrutie par la nouvelle.
Par ma réaction je vois très bien que je les surprends mais m’effondrer ne va pas le faire revenir. Je décide d’être lucide pour tout comprendre.
Je demande donc quand est ce qu’on pourra faire le curetage l’idée qu’il soit mort en moi me gène un peu …
On me demande de revenir pour vérifier, j’apprends que je suis enceinte de 15 semaine et non de 14 comme je le pensais et qu’au vu de la taille il est impossible de me faire un curetage.
Intérieurement je me décompose, le docteur doit le ressentir il fait son possible contacte ses confrères pour être sur mais la finalité est la même !

Pendant l’auscultation je n’arrive pas a joindre ma maman qui travail sur place. Je suis donc seule, vraiment seule face à cette horrible nouvelle. Il prend des mesures et encore des mesures … en attendant que mon mari s’empresse d’arriver … on me demande si j’ai un fibrome qui a été diagnostiqué ? Non … On me demande si pendant l’écho tout allait bien je lui explique que oui plus de décollement plus rien. Visiblement j’aurais un gros hématome ce serait certainement la cause de l’interruption de la grossesse. Je lui explique que je ne perdais plus de sang plus rien, rien qui aurait pu m’annoncer ca. Pas de douleurs particulière … Ca faisait 1 semaine que j’avais arrêté le donormyl et les nausées étaient la mais moins présente normal je quitte le 1er trimestre. Je ne comprends pas qu’on est rien vu avant. Comment un tel hématome ou un fibrome serait la alors qu’on a rien vu le mois d’avant ?! Qu’est ce qu’il s’est passé entre ??

On m’explique la procédure je dois prendre des cachets pour facilité le col qui lui est pas du tout favorable à un accouchement. Je dois revenir dimanche. Sauf que le dimanche ca fait chier l’equipe d’urgence maternité. Il a beau dire qu’il est présent lui qu’il s’en occupera mais ca fait clairement chier. Je l’informe que moi j’accouche vite quand c’est lancé il m’écoute en diagonale et me demande de venir lundi. 

Mon mari arrive je m’écroule dans ses bras. On nous laisse 5 minutes et puis on me demande si j’ai des questions. Je suis encore sous le choque non j’en ai pas … enfin si j’en ai pleins … Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ? Pourquoi pendant l’echo on a rien vu avant ? Pourquoi cette poche ? Pourquoi je n’ai pas eu un meilleur controle ? Pourquoi on a rien vu ? Pourquoi ? Pourquoi ? mais je me tais.

Le corps médical nous regarde avec beaucoup de compassion partout ou nous passons. Nous montons aux urgences on me prélève beaucoup de sang. Ma mère arrive je m’effondre de nouveau. Tout s’enchaîne, l’anesthésiste qui m’explique que la péridurale ou la rachis est limite obligatoire dans ce cas là. Ca a pour but de ne pas souffrir plus dans ce moment si difficile. Je lui demande si ca va être long car sinon j’en ai pas besoin. Je lui répète qu’au vu de la taille du bébé, je passerais rapidement à 2 ou 3 pour qu’il passe. On m’explique c’est surtout pour les à coté au cas ou …
La sage femme revient avec les comprimés me redemande si j’ai des questions je lui demande confirmation que ca ce passera ici et pas à la maison. Je ne veux pas chez moi. Je ne veux pas dans cette situation. Je ne sais pas si je serais prête à le voir, prête à la situation, prête à la douleur. Je me permets de ré-insister et de savoir si au moment venu la douleur me dira de venir et de ne pas hésiter si je perds plus de sang ou si c’est insupportable. On nous demande aussi de réfléchir a savoir si nous voulons le mettre sur notre livret de famille, qu’il va falloir lui trouver un nom si l’envie nous vient. A cette nouvelle, j’ai qu’une envie pleurer et pleurer et encore pleurer. Finalement, c’est bien concret ce bébé n’est pas un simple embryon, c’est un bébé qui est autant reconnu qu’un bébé perdu a terme ou autre. Pour nous il avait tellement d’importance mais visiblement pas que pour nous. Nous ne savons pas le sexe, nous n’avons pas de prénom définitif et encore moins mixte … 

Nous prévenons la famille et quelques amis proches par sms.
Nous espérons que ca fera boule de neige a ne pas avoir a prévenir tout le monde.

Nous rentrons et passons un vendredi horrible !
J’ai qu’une hâte que mes garçons reviennent car je suis mal. Dès, que je m’imagine le dire a Ange je m’effondre lui qui ce fait tellement une joie ca me brise encore plus le coeur.
D’ailleurs a chaque moment, bon comme mauvais j’ai pensé a lui. Ce n’est pas que Liam je ne pense pas a lui mais je suis persuadé qu’a cette age il sait des choses que nous ne savons pas encore et qu’il ressent plus que les mots qu’on pourrait leur dire. Je pense qu’a cette age ils savent beaucoup plus qu’on ne l’imagine tout simplement et peut être qu’il le sait déjà d’ailleurs.

Ma belle mère passe à la maison, ils partent ce week end la c’est un pont. C’est son anniversaire le lundi. Je m’en veux. Je m’en veux aussi de lui avoir dit avant car ca va lui gacher son week end. Mais je pense qu’elle préfère aussi le savoir maintenant.

Je prends mon courage et décide au moment ou mon mari part chercher a manger de lui explique.

Je lui ai dit que son petit frère ou sa petite soeur était mort (mot que nous n’employons jamais mot beaucoup trop dur pour moi mais dans ces moments la il fallait que je lui dise la vérité sans mensonge sans rien) que papa et moi nous étions très triste. Il ne veut pas l’écouter, je vois sur sa tête que ca ne va pas mais comme nous pudique sur ses émotions. Les chiens ne font pas des chats. Il me demande ou est son petit frère car pour lui c’était tout vu c’était un garçon. Je prends mon temps pour lui ré-expliqué mais il écoute en diagonale. Je lui dis que son bébé parce que lui oui c’est son bébé Théo comme pour Liam en fait. Etait parti au ciel mais qu’il y en aura un autre a un moment donné car je le vois que ca le tracasse. Pas bébé Théo mais un autre bébé comme il aimerait. Je lui explique que nous allons être très triste, que si il a envie de pleurer ou de l’être il a le droit qu’il m’en parle ca ira mieux. Comme papa et maman pour le moment ils pleurent et bientôt leur chagrin sera moins fort et on aura plus besoin d’être aussi triste.

Liam était là, il a entendu, a compris a sa façon car depuis il est encore plus pot de glu.

Le soir, je décide enfin de manger un peu. 
Thomas, lui, noie sa peine en demandant à un ami de venir.
Les messages qu’on reçoit son horrible a lire. Je ne souhaite qu’une chose qu’on arrête de me demander si ca va ?

La nuit Ange, veut dormir avec nous. Liam commence quelques terreurs. Je passe ma soirée à pleurer et Ange a me coller dans son sommeil.

Le samedi, nous regardons beaucoup de films pour nous changer les idées. Eviter au max les coups de mous. Le soir, je commence a ressentir un dérangement. Au niveau du col. Celui que tu sens quand il s’ouvre. Non douloureux a mon gout mais pas agréable non plus. Je m’assure qu’au cas ou j’ai quelqu’un qui puisse être la rapidement si ca ce passe dans la nuit.

La nuit, Ange a encore dormi dans notre lit, Liam a refait quelques terreurs.

Le matin, je me lève. Reveillé par quelques douleurs, je vais faire pipi. Je prends du spasfon je sais que s’il ne fait pas effet qu’il va falloir aller vite. 
J’ai une contraction douloureuse comme un début de travail et longue. Ah non !!! Et si ! A la deuxième je sens la poche des eaux se percer (a chaque accouchement je l’ai percé donc je sais comment c’est). Reflexe, je vais voir au toilette comme Ange était dans notre lit. Refait pipi, un gros plop poche rompu c’est sur. Troisième contractions juste eu le temps de me levé que le bébé est sorti. Pas eu le temps de l’attraper rien. Je n’étais pas prête. Pas maintenant. Pas a le voir comme ça. Pas a le voir du tout même !
J’appelle mon mari, qui s’empresse de venir me dit d’aller me doucher qu’il s’en occupe. Ange se réveil dans la foulée par le cri que j’ai porté pour appelé Thomas.
Je vais lui mettre un dessin animé je lui dis que tout va bien j’ai juste eu peur. On appelle quelqu’un pour garder les petits ainsi que les urgences maternités.
Je lui donne une petite serviette de toilette, il l’enveloppe et nettoie tout.

Je rumine « Putain je leur ai dit j’accouchais vite, je leur ai dit » « Je ne voulais pas comme ça, pas comme ça ». J’ai 0 douleurs.
Nous arrivons aux urgences.
La S-F adorable, je lui explique que je perds beaucoup, beaucoup, de sang je le sens.
Nous lui expliquons vite comment ça c’est passé pour le reste elle a eu le temps de consulter mon dossier.
Elle m’ausculte, le gynéco arrive en fait de même et la douleur surtout augmente bien !
J’ai encore toutes les membrane coller a l’utérus.
Génial !
Il se dit surpris de me voir si tôt. Qu’il aurait du m’écouter quand je lui ai expliqué que ca irait vite si ca fait comme pour les autres surtout que je supporte bien la douleur (pas au points d’accoucher sans hein). Car je m’en doutais au vu de la taille du bébé qu’il ne fallait pas attendre les 10 cm pour accoucher que seul 2 irait.
Il me fait des excuses pour le traumatisme enduré. 
Qu’il apprendrait de ses erreurs, qu’étant un 3e que ca ira forcément plus vite …
Il m’explique que je vais avoir un curetage car je ne peux pas rester comme ca il faut finir.

La S-F m’explique par la suite, qu’en fonction de mes pertes de sang et que de la douleur ca aura de l’importance pour la prise en charge rapide. Elle me demande si j’ai pensé aux papiers elle m’explique la suite. Elle me dit qu’ils ont vu le bébé. Je lui demande si elle voit le sexe. C’est un garçon ! Les larme aux yeux me montent.
En moi, je me dis que je le savais ! Depuis le début je le savais.
Le temps passe et 1 h après  j’ai très mal je perds beaucoup de sang.
A un point que pour aller au bloc j’ai du m’y rendre a pied je n’arrive pas a rester assise.
J’ai choisi de prendre la rachis plutôt que l’anesthésie générale.
Le curetage se fait. Je ne sens rien de douloureux mais je sens tout. Ca ne me dérange pas tant que je n’ai pas mal.
Il vérifie c’était un hématome et pas un fibrome mais pourquoi il est la ??
Je vais en salle de réveil et j’ai une tension tellement basse qu’il me garde un peu plus que ce qu’ils me disaient.
On me met en salle d’accouchement car il est hors de question pour moi de rester la nuit ici. Comme j’ai perdu beaucoup de sang on me le remplace par une perf « d’eau ?! ».
Mon mari me rejoint on se repose sur le lit. 
On encaisse tout ce qui s’est passé depuis le matin.

La S-F passe m’ausculte et me redemande si je veux le voir. J’avais émie l’hypothèse de le voir. Je ne voulais pas regretté. Sur le moment non, mais maintenant je suis peut être un peu plus prête.
Je réfléchis, j’en parle a mon mari qui lui me dit qu’il n’a pas besoin qu’il l’a déjà vu.
On nous apporte les papiers a remplir, ‘acte d’enfant sans vie’.
Le prénom était déjà trouvé on aurait pu l’appeler autrement même si au terme je ne sais pas si nous aurions choisi celui ci mais pour Ange c’était une évidence :
Théo
Nos garçons ont 4 prénoms, je ne voulais pas que lui en ai qu’un mais d’un autre coté pas facile de mettre le prénom de quelqu’un de la famille sur en enfant décédé.
J’ai mis Camille celui de maman je sais qu’elle ça ne la dérange pas puis c’est un prénom masculin à la base.
Antone prénom que mon mari aimait.
De tout manière pour nous il aurait été impossible de donner ces prénoms a un autres enfant que nous aurons.

Elle vient m’informer un peu plus tard mais sans me presser qu’a 14 h il devait partir a la morgue. Il allait rester 10 jours que si je voulais à ce moment la y aller je pouvais. Je pouvais aussi m’occuper des obsèques.
Je lui demande si je peux être choqué. Je lui demande si ça peut me traumatiser car ce que m’a dit l’anesthésiste ça me donnait plus du tout envie. Elle me rassure mais ne me pousse pas à le faire.

Je décide de le voir, je veux faire mon deuil ici. Je préfère qu’il s’occupe du reste. 
Il me l’apporte mon mari est sorti fumer.
Je discute avec la S-F qui m’explique ce que le gynéco a dit.
Je le regarde, reregarde, je demande s’il est possible de le voir en entier pour me rendre compte de la taille. Elle le découvre, il fait la taille d’une main environ. Il est très loin d’être horrible. Je me rends compte qu’il était important pour moi de le voir. Que j’aurais vraiment regretté. Énormément même.
Je prends le temps de lui dire au revoir de toute manière il est imprégné en moi.

La S-F est repartie, j’ai eu ma visite de sortie on m’explique tout.

Nous sortons à 16 h 00 environ.
Ils nous on fait une petite carte avec son prénom et ses emprunte.
Une attention vraiment adorable.

En rentrant, je me sens vide mais les petits nous font la fête.

Ils aident énormément pour le moral.

J’ai eu une douleur énorme par la suite. Mardi, mon gynéco m’a pris entre deux rdv. On a discuté, il me dit 15 semaine normalement c’est bon. Je ne comprends pas. Il me fait faire une echo en fonction de ce que je lui décris. Comme je n’ai rien a l’écho. Il m’ausculte et pense a un début d’infection de l’utérus. Même si la zone d’intervention est propre ce n’est quand même pas un endroit ou on est censé grattouiller de ce qu’il m’a dit alors le corps se défend. Il répond a mes questions et me dit que mes analyses sont bonnes et que c’est un coup a la faute a pas de chance ca ce sont mes mots.

Aujourd’hui, nous sommes vendredi. La douleur au ventre est moins forte. J’ai toujours mal au coeur au sens figuré

Je m’occupe, j’ai retourné toute ma maison, nettoyé de font en comble. Me reste qu’un balcon à faire. Va vite falloir qu’on s’atèle à notre changement de chambre pour m’occuper l’esprit.

Quant aux garçons, les nuits ont beaucoup été saccadées.
Ange a beaucoup de mots doux et de besoin d’être rassuré.
Liam est une glu.
Eux qui sont peu malade, Liam m’a fait une laryngite et bronchiolite. Ange une mega fièvre cette nuit.
Moi qui redoutait tellement d’être seule aujourd’hui finalement il est là.
On m’a dit que c’était leur façon a eux de s’exprimer face a la situation.

Pour mon mari,
si jamais je me posais la question de savoir si je l’aimais toujours … j’ai eu ma réponse.
Nous sommes plus qu’uni.

A chaque fois mesurer tout de même la chance de l’avoir perdu a ce stade là que plus tard me pèse.
J’aimerais tout simplement être triste sans mesure.

Les soirées, sont durs. Dès que je pense a lui c’est dur.

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Le temps apaisera nos souffrance, je le sais !

Xoxo, Mum Tits’nd Co

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34 réflexions au sujet de « Continuer de vivre pour eux tout en faisant mon deuil de lui … »

  1. Je ne sais vraiment pas quoi te marquer 😦 en effet les « est ce que ça va » etc c’est pas la peine… mais je tiens quand même à te laisser 1 petit mot….je pense très fort à vous, courage !

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  2. … je ne sais pas quoi dire … aucun mot ne pourra vous soulager de toute façon … seul le temps et les sourires de vos 2 garçons.
    Je suis triste, très triste pour vous.
    Je vous souhaite beaucoup de courage.
    Doux baisers …

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  3. Je ne savais pas…je passe rarement sur wordpress. Je suis tellement triste…tellement pour vous. Que theo fasse tomber rapidement une nouvelle etoile sur ton ventre…pour qu’un petit frere ou une petite soeur apaise vos coeurs meurtris…

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  4. Parce que je ne peux pas te lire, sentir mes yeux se mouiller, ma gorge se nouer et repartir comme ça, sans un mot… Je vous envoie plein de courage et surtout n’ayez aucune culpabilité quant à montrer vos émotions aux garçons, c’est aussi en leur montrant qu’on est vulnérable même adulte qu’on les rend plus fort !

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  5. Je t’ai lue ,la boule dans la gorge et je te trouve si courageuse,si lucide,si déterminée pour continuer avec ta jolie petite famille ,ton mari,Ange et Liam …sans jamais oublier Théo ♥ Plein de bisous de domi qui se demande où tu puises toute cette force que tu as en toi,depuis toujours ♥

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